Analyse complète — Le Conte de la Princesse Kaguya
Contexte de production, récit, mise en scène et postérité.
Contexte de production
Le Conte de la Princesse Kaguya (かぐや姫の物語 — Kaguya-hime no Monogatari) sort en 2013, réalisé par Isao Takahata pour Studio Ghibli. Le film dure 137 minutes.
Le film est distingué par : Nommé à l'Oscar du Meilleur Film d'Animation. Une reconnaissance qui confirme sa place au sein du catalogue du Studio Ghibli.

Une image marquante de Le Conte de la Princesse Kaguya.
Récit et construction narrative
Un vieux coupeur de bambou découvre une minuscule princesse dans une pousse de bambou lumineuse. Elle grandit à une vitesse extraordinaire et devient une jeune femme d'une beauté renversante, convoitée par de nombreux prétendants.
Adaptation du plus ancien conte japonais connu ("Le Conte du coupeur de bambou"), le film suit Kaguya dans sa quête de liberté face aux conventions de la cour, jusqu'à son rappel vers la Lune, son monde d'origine.
Le coupeur de bambou, persuadé d'avoir reçu un signe des dieux, installe sa famille dans une riche demeure de la capitale et fait éduquer Kaguya pour en faire une véritable princesse, lui imposant maquillage blanc, sourcils rasés et dents noircies selon l'usage de cour. Cinq nobles prétendants la courtisent en lui promettant des trésors légendaires impossibles à rapporter (la branche d'or de l'arbre du Horai, la robe de feu du rat de feu, le joyau aux cinq couleurs du cou du dragon) ; tous échouent ou trichent, et même l'empereur, qui tente de l'enlacer de force, se voit repoussé, révélant à quel point Kaguya refuse d'être un objet de possession.
Rongée par le mal du pays pour la Lune malgré elle, Kaguya avoue avoir elle-même appelé sa propre déchéance en souhaitant secrètement fuir sa condition de princesse pour retrouver la liberté simple de son enfance avec Sutemaru. La cour céleste envoie une procession pour la ramener, effaçant sa mémoire terrestre à son contact ; dans une scène finale déchirante, Kaguya, en pleurs, jette un dernier regard vers la Terre et son père avant de disparaître, laissant le vieux couple seul avec le souvenir d'un bonheur trop bref.
Mise en scène et univers visuel
Comme la plupart des œuvres portées par Isao Takahata, Le Conte de la Princesse Kaguya déploie un univers visuel cohérent avec son sujet : Dernier film de Takahata, réalisé dans un style unique d'aquarelle et de croquis inachevés qui évoque l'éphémère. Une méditation sur la liberté, le poids des conventions sociales et la nostalgie de la vie terrestre.
Cette cohérence entre fond et forme est l'une des marques de fabrique des productions liées au Studio Ghibli — chaque film y trouve un style graphique et un rythme propres, plutôt que d'appliquer une formule répétée d'un titre à l'autre.

Un autre plan représentatif de la mise en scène du film.
Réception et postérité
Œuvre à part entière du catalogue Studio Ghibli, Le Conte de la Princesse Kaguya occupe une place particulière dans la filmographie du Studio Ghibli, aux côtés des autres œuvres de Isao Takahata. Il continue d'être redécouvert par les spectateurs qui explorent la filmographie du studio au-delà des dix films les plus connus.
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