Personnages — Le Vent se Lève

Portraits complets des figures du dernier long-métrage de Miyazaki.

Jiro Horikoshi

Jiro Horikoshi

Ingénieur aéronautique — rêveur passionné

Inspiré du véritable concepteur du chasseur Mitsubishi A6M Zero, Jiro Horikoshi est montré dès l'enfance rêvant de voler, myope au point de ne jamais pouvoir devenir pilote lui-même — il choisira donc de concevoir des avions plutôt que de les piloter. Ses rêves nocturnes, peuplés de l'ingénieur italien Giovanni Caproni, sa figure tutélaire imaginaire, ponctuent tout le film comme un espace de pureté créative épargné par le monde réel.

Jiro est un personnage profondément ambigu : son génie créatif, sincère et désintéressé de toute idéologie martiale, sert malgré lui une machine de guerre qui causera la mort de milliers de personnes. Miyazaki ne juge jamais frontalement son protagoniste, préférant montrer la tension irrésolue entre la beauté d'une œuvre et l'usage funeste qu'en fait l'Histoire.

Sa dévotion silencieuse à Naoko, qu'il continue d'aimer et d'épouser alors qu'elle se sait condamnée par la tuberculose, révèle un homme capable d'un engagement total et lucide face à la finitude — en cela le miroir de son rapport à l'aéronautique, une passion qu'il poursuit en sachant qu'elle porte en elle sa propre catastrophe.

Naoko Satomi

Naoko Satomi

Jeune femme malade — amour absolu et éphémère

Rencontrée par Jiro lors du grand tremblement de terre de Kantō en 1923, puis retrouvée des années plus tard alors qu'elle peint en montagne pour soigner sa tuberculose, Naoko incarne une fragilité lumineuse qui ne se départit jamais de sa dignité.

Consciente que sa maladie est incurable, elle choisit néanmoins d'épouser Jiro et de vivre avec lui les derniers mois qui lui restent plutôt que de s'isoler dans un sanatorium en attendant la mort — un choix de vie intense contre la résignation passive.

Naoko refuse jusqu'au bout d'être un poids pour Jiro : elle le quitte discrètement, sans un mot d'adieu, pour qu'il garde du temps qu'ils ont partagé le souvenir d'un amour vivant plutôt que celui d'une agonie. Cette pudeur ultime en fait l'un des personnages féminins les plus poignants de tout le cinéma de Miyazaki.